23.05.2008

Le second conseil municipal vu par l'observateur de Beauvais

Voici un extrait du dossier paru dans "l'observateur de Beauvais" suite au conseil municipal du 4 avril 2008. "L'observateur de Beauvais" qui a décidé de lancer une formule sur internet dans laquelle vous pouvez retrouver toute l'info locale Beauvaisienne dans une configuration aussi agréable que celle du journal papier. 
Vous pourrez découvrir dans ce dossier que contrairement à la précédente mandature, il n'y aura aucun représentant de la gauche beauvaisienne au conseil d'Agglo.

Après l'élection du maire et de ses adjoints, se tenait vendredi 4 avril la première «vraie» séance du conseil municipal consacrée à la mise en place des commissions et à la désignation des représentants beauvaisiens à la Communauté d'agglomération du Beauvaisis. C'est, sans surprise, ce dernier point qui a été le plus discuté.
Contrairement à ce qui avait été fait lors de la précédente mandature, où deux membres de l'opposition s'étaient vus proposer un siège par la majorité, Caroline Cayeux s'en est cette fois-ci tenue «à la loi, rien qu'à la loi». Et que dit le Code général des collectivités territoriales ? Que les conseillers municipaux doivent désigner leurs  délégués au sein du conseil d'agglomération par une élection à scrutin secret à la majorité absolue.
«8000 Beauvaisiens privés de représentation»1196145839.JPG

Arithmétiquement, cela signifie l'impossibilité pour l'opposition de se voir attribuer le moindre siège. Le nombre de conseillers de la majorité est en effet de 36 et celui de l'opposition de neuf.
«J'en appelle à une forme de sagesse, s'est élevée Sylvie Houssin. Il y a quand même 8000 Beauvaisiens qui ont voté pour nous et qui se verront privés d'une représentation à la communauté d'agglomération». «Vous aviez demandé, lors de votre discours d'intronisation, à ce que nous soyons une opposition constructive. Nous avons entendu ces mots. Aujourd'hui, vos actes ne sont pas conformes à vos propos», a ajouté Thierry Aury. Brigitte Moualek, pour sa première intervention, a vu dans ce choix «une première entorse» à «la main tendue» par le maire en direction de l'opposition, le soir de son élection.
Finalement, poussé à apporter une réponse autre que purement réglementaire, Jean-Marie Jullien, premier adjoint au maire, s'est lancé dans une explication sur le fond.
«La voix
de Beauvais
doit être unanime»

«Nos représentants à l'Agglo doivent défendre les intérêts de la ville. Malheureusement, nous avons constaté lors de la précédente mandature que cela n'a pas toujours été le cas de vos représentants. Vous avez pris, notamment sur le budget, des positions radicalement contraires à celles défendues par le conseil municipal de Beauvais, entraînant une position confuse de la ville vis-à-vis des 31 communes rurales de l'Agglo. Or la position de la ville de Beauvais doit être unanime  ! Dans ces conditions, je ne vois pas comment nous pourrions faire une nouvelle fois preuve de tolérance».
Dénonçant «une vision réductrice, commune contre commune», Thierry Aury et Thibaut Viguier ont prôné «une logique plus collective basée sur une représentation de la diversité citoyenne de notre ville, force de proposition et source de débat». «L'application de la loi ne doit pas être un moyen de se défausser», a renchéri Mehdi Rahoui.
La majorité est restée insensible à ces arguments. Les candidats présentés par l'opposition n'ont logiquement pas obtenu suffisamment de voix pour être élus. La liste des 25 candidats de la majorité est passée à la majorité absolue. «Nous regrettons profondément cette décision qui ressemble à un déni de démocratie», a conclu Sylvie Houssin.
 
 

L'ordre du jour, très technique, ne s'est pas prêté aux envolées mais les petites nouveautés n'ont pas manqué. Ambiance.

Une opposition renouvelée
1196145839.JPGLe sang neuf généré par l'arrivée de Thibaud Viguier, Brigitte Moualek et Mehdi Rahoui a apporté un coup de jeune à l'opposition de gauche. Leur présence devrait en outre contribuer à équilibrer les temps de parole - Sylvie Houssin et Thierry Aury ayant eu une fâcheuse tendance à monopoliser le micro lors de la dernière mandature. Mais comment pouvait-il en être autrement ? Les trois nouveaux se sont montrés particulièrement convaincants, constructifs et peu impressionnés par le cérémonial du conseil. Pour peu qu'ils se répartissent les rôles, voilà des conseillers qui devraient faire preuve d'efficacité, aux côtés de la vieille garde Aury - Houssin - Abla. A suivre...

Joyeux anniversaire !
Pour son premier conseil municipal, le Dr Xavier Cnockaert (Vivre ensemble Beauvais) fêtait ses 47 ans. C'est Sylvie Houssin qui a tenu à la préciser en ouverture de séance. Il n'y a pas eu de gâteau mais une salve d'applaudissements. Une manifestation de sympathie qui n'a toutefois pas encouragé le Dr Cnockaert, remplaçant du démissionnaire André Alluchon, à prendre la parole. Il est resté muet tout au long du conseil.

Sébastien Chenu montre l'exemple
Le docteur Jacques Néhorai ne faisant plus partie du conseil et Richard Haudoire ayant déménagé quelques sièges plus loin, ce sont désormais les «petites nouvelles» Hélène de Nattes, 22 ans, Farah Jeddi, 24 ans, et Cécile Chamorin, 29 ans, qui font face, en bout de table, à l'opposition de gauche. Seules face à l'ennemi ? Fort heureusement non ! Sébastien Chenu qui, lui, n'a plus rien d'un bleu, est là pour les «driver». Ce dernier, même s'il s'est montré plutôt sobre pour ce premier conseil, a tout de même montré l'exemple en distillant quelques petites piques plus ou moins inspirées. Il a provoqué quelques huées en ironisant sur les appels à la démocratie lancés par le communiste Thierry Aury. Mehdi Rahoui, le benjamin de l'opposition, n'a pas été épargné. «Mmmmh coquin  !» lui a lancé le conseiller municipal de la majorité tandis que son nom était annoncé pour faire partie du conseil d'administration du...  foyer des jeunes travailleuses. «Depuis que je suis assis à la place de Jacques Néhorai, il faut bien que je sorte quelques vacheries pour le remplacer», a justifié Sébastien Chenu.

Benjamine.
Désignée secrétaire de séance, la benjamine du conseil municipal Hélène de Nattes, 22 ans, a procédé à l'appel la gorge légèrement nouée. Seuls Olivier Taboureux et Philippe Vibert, excusés, n'ont pas répondu présents à l'appel de la jolie  jeune femme.

Ex-élus heu - reux
C'est le message qu'ont visiblement voulu faire passer Roger Preteseille et Marie-Claude Duroyon vendredi soir, assis parmi le public, au fond de la salle du conseil. Un rien nostalgiques ? Que nenni ! «Je suis en pleine forme, voyez, j'ai beaucoup plus de temps libre», a déclaré le premier. CQFD.

Spectateur attentif.
Parmi les nombreux spectateurs venus assister au conseil figurait Mohrad Laghrari, ex-numéro 3 de la liste Beauvais nouvelle génération conduite par Régis Lecuru. Le jeune homme, qui a visiblement attrapé le virus de la politique, se serait bien vu à la table du conseil. Hélas pour lui, la candidature d'Agnès Petit en a décidé autrement et certainement privé la liste écolo citoyenne d'une présence au  second tour. Qu'à cela ne tienne ! Mohrad Laghrari n'est pas homme à remiser son énergie et ses convictions au placard. Prochaine étape : 2011 et le renouvellement du canton de Beauvais Sud Ouest détenu par Sylvie Houssin. Pour mémoire, la candidate socialiste avait fermé la porte à toute alliance avec Beauvais nouvelle génération entre les deux tours des municipales...

Caroline Cayeux détendue
Reconduite avec 58,43% des voix, le maire peut aborder son nouveau mandat dans la sérénité. D'autant plus que l'épine qu'elle avait au pied, où plutôt deux sièges à sa gauche, a disparu. Le siège d'Agnès Petit est désormais occupé par la consensuelle Marie-Anne Fizet Gorin. Derrière le maire :  RAS.  François Miquel et Sébastien Delabre, respectivement directeur de cabinet et directeur de cabinet adjoint, veillent toujours au grain de même que le fidèle Jean-Marc Morelle, directeur général des services.

 

Article publié dans "L'observateur de Beauvais" et rédigé par Pierre Chemel

Commentaires

Au sujet de la communauté d'agglo, cela doit faire réfléchir au statut des EPCI. Pourquoi ne pas élire les représentants aux EPCI au scrutin de liste proportionnel ? On y verrait largement plus clair que le système actuel.

Ecrit par : Jérémy HERBET | 24.05.2008

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